Les traitements ortho-chirurgicaux
Lorsque le décalage entre les mâchoires est trop important pour être corrigé par l’orthodontie seule, un traitement associant orthodontie et chirurgie maxillo-faciale peut être proposé.
La chirurgie orthognathique permet de repositionner la mâchoire supérieure, la mandibule ou les deux mâchoires. Elle vise à améliorer l’occlusion dentaire et, selon les situations, la mastication, la respiration, l’élocution et l’équilibre du visage.
Grâce aux progrès de l’imagerie, de la planification numérique, des techniques orthodontiques et de la chirurgie maxillo-faciale, ces traitements sont aujourd’hui préparés avec une grande précision.
Les différentes étapes du traitement
Le traitement ortho-chirurgical se déroule généralement en trois phases.
La préparation orthodontique
Avant l’intervention, l’orthodontiste aligne les dents et prépare les deux arcades afin qu’elles puissent s’emboîter correctement après le repositionnement des mâchoires.
Cette phase peut temporairement accentuer le décalage dentaire ou facial. Il s’agit d’une étape normale de la préparation pré-chirurgicale.
L’intervention chirurgicale
L’intervention est réalisée par un chirurgien maxillo-facial, sous anesthésie générale. Selon le diagnostic, elle peut concerner :
- la mâchoire supérieure ;
- la mandibule ;
- les deux mâchoires ;
- éventuellement le menton.
Les mâchoires sont repositionnées selon la planification établie, puis stabilisées à l’aide de petites plaques et de vis, le plus souvent en titane.
Les finitions orthodontiques
Après l’intervention et une période de cicatrisation d’environ 4 semaines, le traitement orthodontique reprend afin d’ajuster précisément l’emboîtement des dents et de stabiliser le résultat.
Les modalités et la durée de ces différentes phases varient selon chaque patient.
Une préparation personnalisée
Le plan de traitement est établi conjointement par l’orthodontiste et le chirurgien maxillo-facial. Il s’appuie sur l’examen clinique, les photographies, les radiographies, les empreintes ou les modèles numériques et, si nécessaire, une imagerie tridimensionnelle.
Une simulation virtuelle peut être utilisée pour préparer l’intervention et présenter les déplacements envisagés. Cette simulation constitue un outil de planification : elle ne permet pas de garantir exactement l’apparence du résultat final.
L’équipe soignante reste disponible avant, pendant et après l’intervention pour répondre aux questions du patient et l’accompagner à chaque étape.
Les questions les plus fréquentes
Une anesthésie générale est-elle nécessaire ?
Oui. La chirurgie orthognathique est habituellement réalisée sous anesthésie générale. Une consultation préanesthésique permet d’évaluer l’état de santé du patient, ses traitements et les risques anesthésiques éventuels.
Existe-t-il des cicatrices visibles ?
Non, les incisions sont réalisées à l’intérieur de la bouche et ne laissent donc pas de cicatrice visible sur le visage.
Combien de temps dure l’hospitalisation ?
La durée dépend de l’intervention, de l’état de santé du patient et des habitudes de l’équipe chirurgicale. Elle est souvent comprise entre un et trois jours, mais peut être plus longue dans certaines situations.
Les suites opératoires sont-elles douloureuses ?
Non, les douleurs postopératoires, généralement modérées ; sont bien contrôlées par les médicaments antalgiques. Un œdème (gonflement du visage) apparaît habituellement après l’intervention ; son importance varie selon les patients et le type de chirurgie. Il diminue progressivement et est maintenant très bien contrôlé avec la mise en place de drains le temps de l’hospitalisation.
Cette chirurgie comporte-t-elle des risques ?
Comme toute intervention réalisée sous anesthésie générale, la chirurgie orthognathique comporte des risques. Les complications sont rares, mais certaines peuvent survenir malgré toutes les précautions prises. Après une intervention sur la mâchoire inférieure, la plus importante d’entre elles est une diminution ou une modification de la sensibilité de la lèvre inférieure et du menton. Elle peut apparaître même en l’absence de lésion du nerf alvéolaire inférieur, en raison de son étirement ou de son irritation pendant l’intervention.
Dans la majorité des cas, la sensibilité s’améliore progressivement 8 à 12 semaines, La récupération est souvent plus rapide chez l’adolescent que chez l’adulte. Dans un nombre très restreint de cas, une modification partielle ou complète de la sensibilité peut persister de manière définitive.
Une transfusion sanguine est-elle nécessaire ?
Non, seule une perfusion de sérum est utilisée au cours de l’intervention et pendant les heures qui suivent.
Quand peut-on reprendre une activité normale ?
La récupération varie d’une personne à l’autre. Une période de repos de 2 semaines chez l’adolescent et de 3 semaines chez l’adulte est nécessaire avant la reprise des études ou du travail.
La reprise du sport est progressive et soumise à l’accord du chirurgien. Les activités présentant un risque de choc sur le visage (boxe, arts martiaux, rugby, football, basketball, équitation) doivent être interrompues pendant 6 semaines à 12 semaines.
La consolidation osseuse est acquise 8 semaines après l’intervention. L’œdème s’améliore dès la fin de l’hospitalisation, et disparait en quasi-totalité au bout de 15 jours. Le traitement orthodontique peut reprendre 4 semaines après l’intervention.
Peut-on parler et manger après l’intervention ?
Oui, possible de parler immédiatement après l’intervention chirurgicale grâce à la mise en place de microplaques vissées de contention pour obtenir la consolidation osseuse tout en permettant la mobilité de la mâchoire inférieure.
L’alimentation est adaptée à la cicatrisation : elle est d’abord liquide ou mixée, puis molle pendant environ 6 semaines. Les consignes précises sont données par l’équipe chirurgicale.
L’appareil orthodontique est-il retiré avant l’intervention ?
Non, l’appareil orthodontique reste en place pendant l’intervention. Des arcs chirurgicaux et des dispositifs spécifiques peuvent être utilisés pour guider le positionnement des mâchoires et fixer les élastiques postopératoires.
Dans certains protocoles particuliers, notamment avec des aligneurs, l’organisation peut être différente.
Les mâchoires sont-elles bloquées après l’intervention ?
Non, grâce à l’utilisation de microplaques vissées de contention, un blocage complet et prolongé des mâchoires n’est généralement plus nécessaire.
Seuls des élastiques reliant les deux arcades sont utilisés pour guider l’occlusion pendant la cicatrisation. Leur durée de port et leur force sont adaptées à chaque patient.
Quelles précautions faut-il respecter après l’opération ?
Il est notamment nécessaire de :
- suivre précisément les prescriptions du chirurgien ;
- respecter la texture alimentaire recommandée ;
- maintenir une hygiène bucco-dentaire soigneuse avec une petite brosse souple ;
- utiliser les bains de bouche uniquement selon les consignes reçues ;
- porter les élastiques comme indiqué ;
- éviter le tabac et l’alcool pendant la cicatrisation ;
- ne pas pratiquer d’activité sportive sans l’accord du chirurgien ;
- se présenter à tous les rendez-vous de suivi.
L’utilisation d’un hydropulseur ne doit être commencée qu’avec l’accord de l’équipe chirurgicale, car un jet trop puissant ou trop précoce pourrait irriter les zones opérées.
